Disneyland n’est pas propre par accident

En terme de vision d’entreprise, je reprend souvent le travail de Treacy et Wiersema, qui distingue : leadership produit, intimité client et efficacité opérationnelle.  La vision du leadership produit est souvent celle qui est choisie spontanément par les entrepreneurs : “j’ai le meilleur produit du monde dans mon marché”. En réalité elle est assez mal comprise dans toutes ses implications. J’ai eu l’occasion de citer quelques exemples déjà de ce qu’implique le leadership produit, nottement avec “the pizza guy”. Or je viens de lire sur le blog de John Gruber une citation très courte de Walt Disney qui illustre à nouveau, et très différemment, cette vision :

When I started on Disneyland, my wife used to say, ‘But why do you want to build an amusement park? They’re so dirty.’ I told her that was just the point; mine wouldn’t be.

En français :

Quand j’ai commencé Disneyland, ma femme avait l’habitude de dire, “Mais pourquoi veux-tu faire un parc d’attractions ? Ils sont si sales.” Je lui ai dis que justement, le mien ne le serait pas.

Et si vous voulez mieux comprendre ce qu’est la propreté chez Disney, le Los Angeles Times a un long article sur le sujet !

Vendre votre projet de startup 2/2

Je me rends compte que la présentation orale d’un business plan est un exercice très sous-estimé par les chefs d’entreprises concernés par une levée de fonds. Depuis quelques temps je commence à accumuler une expérience assez décente sur le sujet, et je me rends compte qu’il y a fondamentalement trois niveaux de prestations…

Je me rends compte que la présentation orale d’un business plan est un exercice très sous-estimé par les chefs d’entreprises concernés par une levée de fonds. Nous avions parlé la dernière fois de la nature du risque inhérent à l’innovation et de la difficulté de raconter une histoire solide.  Depuis quelques temps je commence à réaliser qu’il y a fondamentalement trois niveaux de prestations orales :

  1. Ceux qui montrent leur produit ;
  2. Ceux qui présentent leur entreprise ;
  3. Ceux qui vendent leur projet.

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La difficulté d’écrire pour le web

Bien que j’essaye d’être attentionné et vigilant, l’écriture sur le web reste pour moi un exercice particulier et pas toujours facile. Or je suis tombé il y a quelques temps sur une présentation de Luc LEGAY qui m’a semblé particulièrement claire et didactique. Si je la partage avec vous, c’est que j’ai une majorité de mes clients ou des entrepreneurs que je voie en formation, qui pensent que la communication sur le web se manipule comme le papier. Et vous savez quoi ? #fail comme l’on dirait sur Twitter !

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Priceless : le mythe du juste prix

Nous avons déjà parlé dans ce blog est dans plusieurs formations, de la façon de réfléchir au prix de commercialisation d’un produit innovant. Cette problématique est l’un des éléments fondateurs de la structuration financière d’une startup par exemple, et de sa levée de fonds. Continue reading “Priceless : le mythe du juste prix”

Ne vous inquiétez pas que l’on puisse voler vos idées !

Ceux qui me lisent ou avec qui je travaille, savent que en ce moment je m’occupe de plusieurs levées de fonds pour des startups technologiques. Le sujet de la confidentialité sur des projets souvent très originaux est toujours l’un des premiers abordés. De ce point de vue la citation de Howard Aiken (l’un des pionniers visionnaires de l’informatique chez IBM dans les années 40), résume bien ma pensée :

Don’t worry about other people stealing your ideas. If your ideas are any good, you’ll have  to ram them down people’s throats.

C’est-à-dire : Ne vous inquiétez pas que l’on puisse voler vos idées. Si elles ont quelque chose de bon, vous aurez du mal à les faire avaler aux gens ! Contre-intuitif ? Provocateur ? Certainement pas. Objectivement ce ne sont pas les bonnes idées qui manquent pour créer des business intéressants. Le mythe du bon créneau que personne n’a “vu” est assez creux de mon point de vue. Cette bonne idée que vous avez en tête, je suis prêt à parier que des centaines de personnes l’ont eu avant vous.

Le problème est par contre assez simple : qui va s’en saisir et en faire quelque chose que d’autres vont comprendre, adopter et acheter ? Il va sans dire qu’en tant que conseil, je m’astreins toujours à une extrême discrétion sur les projets de mes clients (NDA ou pas). Mais j’avoue que c’est réellement pour préserver leur confort psychologique.

Être ou devenir entrepreneur ?

Mardi 20 avril au GRAIN (GRenoble Alpes INcubation) je forme une douzaine de futurs entrepreneurs de profil scientifique sur la constitution d’équipe de leur start-up.

Mardi 20 avril au GRAIN (GRenoble Alpes INcubation) je forme une douzaine de futurs entrepreneurs de profil scientifique sur la constitution d’équipe de leur start-up.Ce sujet est vraiment d’actualité depuis que plusieurs recherches ont montré que la constitution du noyau dur de la start-up et la gestion des hommes étaient des difficultés majeures pour les entrepreneurs innovants.

Voici les slides qui seront présentés mardi, ici en avant première.

However beautiful the strategy, you should occasionally look at the result

Cette citation de Sir Winston CHURCHILL :

Aussi belle que soit la stratégie, vous devriez de temps en temps en regarder le résultat.

… Est systématiquement celle que j’ai en tête depuis quelques semaines. Participant à de nombreuses levées de fonds avec des startups, ou des entreprises plus avancées, nous devons manipuler beaucoup d’hypothèses : quelle va être la taille du marché pour un produit qui n’existe pas encore ? Quelle va être le temps de développement d’une nouvelle technologie ? Quand le coeur du marché va t’il être atteint ? Etc. Et manifestement ces hypothèses ne sont pas les plus importantes, dans un business plan. Ce qui est réellement en jeu c’est comment et quand vont-elles être vérifiables. Quels vont donc être les points de contrôles de la stratégie.

Or, la plupart du temps, les entrepreneurs restent uniquement focalisés sur la construction de scénarios “vendables”. Ils réalisent assez mal, que l’intérêt de ces scénarios est surtout de présenter ces points de contrôles. Ce sont eux qui permettront avec des échéances définies de s’adapter à la réalité, de réorienter à temps les efforts des équipes et d’engager son marché avec efficacité.

Un business plan doit donc être avant tout régulièrement balisé d’étapes de contrôles, d’objectifs clefs (des “milestones”), qui soient lisibles par les équipes et les investisseurs.

Vendre votre projet de startup 1/2

Créer un business c’est raconter une histoire, en particulier pour lever des fonds, mais aussi fédérer une équipe, faire adhérer des partenaires, des clients… Pour lever des fonds, le premier point est : intéresser. Le deuxième est : demander de l’argent aux investisseurs.

Tous les investisseurs sont émotionnels et vous écoutent en position de défense. Quelle est votre vision et comment allez-vous la leur faire partager ? En terme de cinéma, on parle de « suspension of disbelief » (suspension de l’incrédulité). C’est-à-dire le moment où vous vous inquiétez pour le héros, alors qu’il chevauche une licorne pour attaquer un dragon. Si l’histoire est puissante, l’investisseur ne viendra pas remettre en cause les détails de votre vision. Il faudra discuter de vos hypothèses et de leur solidité, mais vous aurez passé la barrière du rejet initial.

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