EPWN Madrid : Mythes et réalité du mentoring au féminin

Comme promis dans mon dernier article voici un résumé de mon intervention sur la construction de son comité de direction personnel. Cet atelier était animé par Inès O’Donovan du réseau EPWN Nice et ma co-intervenante Nora Kurtin (fondatrice de Sapos y Princesas en Espagne) a pu partager son expérience de mentee-entrepreneur.

Mythe n°1 : Nous n’avons qu’un seul mentor dans notre vie

Kathy Kram, chercheuse à Boston University, nous parle plutôt de constellation ou réseau de relations développementales (famille, amis, pairs, mentors, patrons, collaborateurs) qui tiennent certaines des fonctions du mentoring à différentes étapes de notre carrière, pour nous aider à développer certaines compétences ou selon nos besoins du moment. Ces fonctions sont diverses et variées et ne peuvent pas être toutes remplies par une seule et même personne. Elles incluent : le coaching (et oui c’est un outil potentiel du mentor), le sponsorship (plus aux USA qu’en Europe), le challenge, la visibilité, l’acceptation et confirmation (surtout en période de doute), l’amitié (dans certains cas) et l’exemplarité.

Un des entrepreneurs que j’ai pu interviewer pour ma recherche a créé un comité d’orientation composé de deux mentors (issus de deux programmes différents) et de deux Business Angels. Il reçoit donc différentes perspectives de personnes d’expérience avec des degrés variés d’intérêt dans son entreprise : du mentor complètement désintéressé au BA servant l’intérêt de l’entreprise dans laquelle il a investi ou son propre intérêt par rapport au retour attendu.

Mythe n° 2 : Le mentoring veut dire la même chose pour tous

Le mentoring diffère selon si vous êtes un cadre et faites partie d’un programme formel au sein de votre entreprise, ou si vous êtes un entrepreneur et que vous faites partie d’un programe de mentoring inter-entreprise. Les objectifs et le contenu de ce mentoring ne sont pas les mêmes. En effet pour les cadres le focus est sur le développement de carrière avec un accent sur le sponsorship aux USA et un accent sur le développement personnel en Europe, le tout étant aussi de savoir naviguer les politiques internes. Pour les entrepreneurs, le mentoring est centralisé sur l’individu et sur son business. Le mentoring d’entrepreneurs intervient sur 5 dimensions comme vu dans la présentation ci-dessous :

Fait n° 1 : Les femmes sont d’excellentes networkers

Cependant, les femmes selon les recherches sont plus passives que les hommes dans l’initiation de relations de développement. Les femmes créent des réseaux pour échanger, communiquer et aider les autres. Les hommes sont beaucoup plus opportunistes et donc plus efficaces dans l’initiation de relation de mentoring.

Fait n° 2 : Les femmes mentees ont plus de mal à trouver un mentor

Tout d’abord il faut dire qu’il existe plus d’hommes-mentors que de femmes-mentors. Le ratio est en fait de 3 pour 1. Bien sûr le manque de femmes aux postes de haut niveau explique en partie ce ratio. Mais il est aussi causé par le fait que les femmes sont plus conscientes de l’engagement en temps que le mentoring demande et donc plus retiscentes à s’engager. Ce manque de femmes-mentors, le fait que les hommes-mentors souvent préfèrent mentorer un homme (peur de la relation intime et besoin de similarité) et que les femmes ont du mal à initier cette relation font que les femmes ont en général moins de chance d’être mentorées qu’un homme.

EPWN offre donc à ces femmes une opportunité d’être mentorées par des femmes d’expérience. Plusieurs d’entre elles étaient présentes et sont intervenues lors de la conférence.

Mythe n° 3 : Le mentoring est une relation unilatérale

La culpabilité est souvent un des freins à l’initiation d’une relation de mentoring pour une femme mentee : c’est cette peur d’en demander trop, de ne pas pouvoir réciproquer, peur que cette relation soit seulement au bénéfice du mentee. Il faut réaliser que la relation de mentoring est mutuellement enrichissante. Tout d’abord, même pour les plus altruistes des mentors qui clament ne rien recevoir en retour, c’est leur donner l’opportunité d’aider un autre qui suffit à combler leurs besoins de contribuer au succès d’autrui. D’autres mentors recoivent une certaine gratification personnel, une certaine reconnaissance ou fierté d’avoir contribué. Et la plupart des mentors mentionnent un fort enrichissement personnel qui prend la forme de nouvelles idées ou perspectives venant du mentee, sur le business aujourd’hui, les nouvelles technologies, les problématiques actuelles de l’entrepreneur etc.

Donc j’espère que d’avoir révélé ce mythe aidera les femmes à être plus assertive dans l’initiation de relation de mentoring.

Mythe n° 4 : La recette magique pour attirer le parfait mentor

Il n’existe pas de recette magique pour attirer un mentor. Cependant nous pouvons mentionner quelques points importants à prendre en compte :

  1. Restez vous-même
  2. Montrez votre potentiel
  3. Communiquez sur vos besoins
  4. Ecoutez

Pour trouver le “almost perfect fit” vous pouvez vous assurer d’une certaine proximité ou facilité à se rencontrer, et de la disponibilité du mentor (c’est une des raisons d’échec de relation). Ensuite il faut trouver la bonne combinaison de similarité et de complémentarité. Et en fin de compte c’est une histoire de personnes donc il existe une partie d’alchimie qui ne s’explique pas, comme dans un couple.

Ça passe ou ça passe pas. C’est du feeling.

Comme disaient plusieurs des interviewés de ma recherche.

Author: Stéphanie

Stéphanie has developed an extensive practice of executive coaching in London for more than 10 years. She now coaches CEOs and top executives to help them with team creation and development as well as business agility. She is one the few European expert both implementing and doing research on mentoring programmes.