Manager authentique et adaptable 7/9

L’objectif de cette 7ème session est de démystifier le stress, le comprendre et commencer à explorer sa gestion. Le stress est souvent ressenti pendant des périodes de changement. Permettre une gestion fluide du changement c’est aussi s’occuper du stress associé au changement.

Afin de mieux comprendre le stress, nous nous intéressons ici au processus par lequel le stress se manifeste: partant d’une situation potentiellement stressante (le ressenti différant selon les personnes) ou d’une cause interne du stress (peur de l’inconnu, perfectionnisme, pessimisme etc.), et du process cognitif qu’elle déclenche, s’en suit un certain nombre de manifestations sur 3 niveaux: physique, psychologique et comportemental. Comprendre ces symptômes, peut aider l’individu à reconnaître lorsqu’il est en état de stress ce qui permettra de déclencher une stratégie de gestion du stress.

La conscience et l’acceptation du stress sont les premiers pas vers son management. Chaque individu a ses propres façons d’exprimer son stress, c’est donc une tâche individuelle que de reconnaître ses propres signaux d’alarme.

Un deuxième pas suite à la prise de conscience est le cadrage du stress: comprendre dans quelles situations ou types de situations le stress se manifeste. Pouvant devenir insupportable, le stress prend une ampleur écrasante sur votre vie. Il est important de bien définir les situations auxquelles il est associé, afin de se donner la possibilité de gérer cette situation particulière.

Un journal réflectif (sorte de journal intime) est un exercice qui peut aider à découvrir ses propres modèles de comportements de stress, et permettre la mise en oeuvre d’une des stratégies de “résolution”.

Un des stratégies des gestion du stress est l’utilisation de l’énergie du stress (résultant de sécrétion d’adrénaline) pour être plus performant ou plus rapide. Le stress ici devient positif  et est appelé Eustress. Un grand nombre de personnes sont capables de bien fonctionner sous ce type de stress.

L’objectif est que le stress soit du Eustress ou du stress géré, afin qu’il n’ait pas d’impact négatif sur la vie de l’individu, sa performance au travail ou son bien-être.

De toutes les façons de gérer son stress, j’ai choisi d’en traiter de deux types: les stratégies de relaxation et de résolution.

Les stratégies de relaxation aident à évacuer les symptômes physiques du stress, pour éventuellement permettre de suivre avec des stratégies de résolution. Pour se relaxer, nous pouvons trouver de nombreux moyens comme le sport, les sorties, ou la médiation. Dans certaines situations (au travail par exemple) nous n’avons pas toujours l’opportunité de les pratiquer. Un moyen facile à mettre en oeuvre est la respiration. Plusieurs techniques sont disponibles, aidant à réduire le rythme cardiaque et à calmer l’individu: diminuer de moitié le nombre d’inspiration et d’expiration (respiration consciente) ou respirer par le ventre (respiration méditative), etc.

Une autre technique de relaxation consiste à se déconnecter de la situation stressante: en prenant une perspective dite “méta” (prendre du recul, regarder d’en haut), ou en se détachant physiquement de la situation (aller faire autre chose, comme une sortie entre amis) afin de s’accorder du temps pour évacuer les symptômes physiques du stress.

Les stratégies de résolution dépendent bien sur de la situation. Nous en examinerons deux. La première consiste à mieux gérer son temps. Cette stratégie s’applique lorsque le stress est lié au temps, date limite, ou des problèmes d’organisation. La deuxième stratégie s’appelle “le scénario catastrophe”, et s’applique lorsque le stress est lié à la peur de l’inconnu, des conséquences ou du futur. Accepter ce que le pire pourrait être, est un premier pas vers la découverte de solutions à ce scénario, et permet de se rassurer sur notre capacité à appréhender même le pire. Bien sûr, imaginer le pire peut être douloureux, et dans beaucoup de cas confronter sa peur, c’est presque l’avoir apprivoiser.

Le stress fait partie tout naturellement de notre vie, et la plus important c’est de ne pas le laisser nous envahir. Nous pouvons même rire de notre stress : voir l’aspect amusant de nos réactions et comportements de stress aide à réduire son effet. Bien sûr pour cela, il ne fat pas se prendre trop au sérieux.

Connaissez-vous vos propres signaux d’alarme de stress ? Comprenez-vous ce qui vous stresse ? Quelles sont vos stratégies de gestion du stress ?

Manager authentique et adaptable 6/9

Un des éléments les plus importants dans l’adaptation au changement, est la capacité à créer, adapter et développer de nouvelles relations.  Dans un contexte professionnel, nous sommes confrontés au travail avec de nouvelles personnes de manières variées : par un transfert vers un nouveau service, l’expatriation, la réorganisation du service avec un nouveau hiérarchique ou membre de l’équipe, la fusion de deux services etc. Cependant, le changement de relationnel inclut aussi le travail avec les même personnes mais avec une relation différente, comme par exemple la promotion au poste de manager au sein de la même équipe, ou l’identification d’un haut potentiel (avec un plan de carrière accéléré) au sein d’une équipe. Chacune de ces situations est porteuse de ses propres défis relationnels.

Cette session a pour objectif d’augmenter notre conscience de l’autre et de commencer à élaborer des stratégies afin de mieux appréhender les changements relationnels.

L’utilisation d’outils d’analyse de base (comme le SWOT) pour l’évaluation d’une situation de changement relationnel peut donner des éléments intéressants à considérer dans l’élaboration de sa propre stratégie de création de nouvelles relations: son propre style relationnel, ses atouts, ses points d’amélioration.

Par exemple, si vous avez une tendance à l’ego-centrisme : cela peut géner votre construction de relation avec vos interlocuteurs qui peuvent penser que vous ne vous intéressez pas à eux. Cependant, en petite dose l’égocentrisme permet de connecter l’autre à soi au travers d’anecdotes personnelles liées à des sujets initiés par l’autre, trouvant ainsi des points communs.

Un autre exemple d’analyse SWOT pourrait montrer qu’une de vos faiblesses dans la création de nouvelles relations est la timidité. Bien sûr, la timidité freine la communication avec autrui. Cependant, la timidité permet un état d’observation initiale, qui augmente la conscience, l’ouverture sur et la connaissance de l’autre, ce qui permettra plus tard (lorsque le niveau de confiance le permettra) une communication plus adaptée.

Trouver sa propre stratégie de création relationnelle implique le respect de sa propre authenticité, l’utilisation de ses forces, et soit l’acceptation, l’amélioration ou l’utilisation de ses faiblesses.

Quel que soit votre style de création relationnelle, il existe des éléments de base permettant de créer du lien, demandant seulement une dose d’ouverture de votre part.  Nous créons du lien en manifestant un intérêt sincère envers les autres, en restant curieux à propos de qui ils sont et comment ils pensent, et en étant prêt à voir le monde de leur point de vue.

Un aspect du relationnel qui peut être très personnel est la confiance. Au travail, la confiance peut devenir cruciale. Dans le cas d’un manager nouvellement promu, le besoin de délégation est très important et sans confiance la délégation devient quasi impossible à gérer. Le manager passe alors beaucoup trop de son temps précieux à contrôler, vérifier, ou même faire ce qui devrait être délégué, au lieu de se concentrer sur des tâches plus stratégiques et managériales.

Parmi les approches intéressantes sur la confiance, nous en examinerons deux. La première consiste à penser que la confiance se mérite ou se gagne. Ceci implique qu’afin de recevoir votre confiance les individus doivent passer un certain nombre d’épreuves. Dans ce cas, est-on vraiment conscient de ce que sont ces épreuves? Faisons-nous une retour aux gens pour leur communiquer qu’ils ont réussi ces épreuves? Ici je caricature, et mets en avant des processus mentaux que nous faisons pas souvent très consciemment.  De l’autre côté de la relation, lorsque nous voulons gagner la confiance d’une personne : connaissons-nous leurs critères de sélection, et les épreuves sur lesquels nous sommes jugés? Les critères et épreuves sont-ils les mêmes que les nôtres? Vous communiquent-ils leur confiance ouvertement? Ici, la difficulté majeure réside dans le fait que certains de ces critères d’accord de confiance peuvent être inconnus, inconscients ou inavouables.

La deuxième approche consiste à accorder sa confiance de prime abord jusqu’à preuve du contraire. Bien sûr cette approche implique le risque d’abus de confiance. Cependant, un des avantages est une simplification des processus de décisions relationnelles initiales. Le raisonnement derrière cette approche compte aussi sur la psychologie du receveur de confiance. Une personne recevant la confiance de son employeur par exemple, a de forte chance de se sentir plus responsable et souhaite montrer qu’elle est digne de la confiance accordée. Cette approche peut sembler plus risquée pour certaines personnes ou dans certains environnement, et en même temps peut aider à développer la motivation, responsabilisation et la délégation.

Les clés de la création relationnelle sont : l’empathie – compréhension de la perspective d’autrui (sans pour autant être d’accord) ; la connexion – trouver les points communs afin de rassurer et alléger le poids de la peur de l’inconnu ; et la confiance.

Comment connectez-vous avec autrui ? Comment accordez-vous votre confiance ?