When technology does magic

Phil SCHILLER discussing Apple AirPods:

At the surface level, it’s an incredibly simple product. But the reality is it’s actually an incredibly complex product to make. Each AirPod really is its own computer, running software and hardware. And those two computers need to deliver this very clear experience that you want, and they have to work together, because we’re very attuned to synchronisation in audio as a species. And so it has to work the way you want.

Spectacular innovation is not always about flashy new things like virtual reality or 3D printing. It’s sometimes about making complexity disappears and technology does magic.

It’s easy to dismiss such products at first as plain incremental improvements. But they bring something past just being unplugged. The change runs deeper. If in doubt, check how many Bluetooth headphones are currently struggling on the market… But also think about how FaceID is making passwords or even other forms of biometric authentication seem clumsy and heavy-handed.

This is linked to one of my keynote this year on « Invisible Technologies ».

Un bref retour sur les 15 ans de Genopole

Je participais mardi 21 janvier aux 15 ans de Genopole à Evry avec un rôle particulier, celui d’animateur de la journée. Rôle central mais très modeste, il s’agissait essentiellement pour moi d’assurer la fluidité de la journée avec les nombreux intervenants professionnels et politiques. Continue reading Un bref retour sur les 15 ans de Genopole

Microsoft réinvente t’il son business model avec les tablettes Surface ?

Steve Ballmer a annoncé il y a deux jours l’arrivée de nouveaux produits Microsoft. Des tablettes Surface clairement positionnées pour reprendre la main sur un marché qu’Apple monopolise depuis avril 2010 (et si je me permets d’enfoncer une porte ouverte, enfin quelque chose d’intéressant sur le sujet, depuis les ineffables tables de bar high-tech produites jusque là). Continue reading Microsoft réinvente t’il son business model avec les tablettes Surface ?

Innovation de business model : réduire au maximum

Dans le travail de formation et d’accompagnement sur l’innovation de business model que je réalise pour les startups et les grands groupes, il m’arrive fréquemment de m’appuyer sur une forme d’innovation particulière. Celle de la réduction “au maximum” de l’offre client. Il s’agit d’une approche qui permet de pousser dans ses retranchements le porteur de projet, en le forçant à poser son idée de produit dans sa forme essentielle, dénuée de toute fioritures. Le bénéfice de ce travail est double : Continue reading Innovation de business model : réduire au maximum

Retrouvons-nous à LIFT10

La conférence LIFT organisée par la FING à Marseille, a lieu la Criée cette année, les 5, 6 et 7 juillet. Quatre thèmes seront explorés, avec pour sujet central le changement du réel par le web : Web puissance 2 > la révolution des données partagées, Fab Labs > réinventer la conception et la production industrielles, People Hack > distribuer le pouvoir d’innover et Informatique et Libertés 2.0. Continue reading Retrouvons-nous à LIFT10

Créativité et innovation dans les territoires

Le CAE (conseil d’analyse économique et stratégique) vient de publier un rapport fort stimulant intitulé “Créativité et innovation dans les territoires”. L’intérêt de ce document est de tenter de dépasser l’habituel paradigme français de l’innovation : recherche scientifique = brevets = technologie = marché. Et si vous me lisez un tant soit peu régulièrement, vous savez à quel cela m’importe. Continue reading Créativité et innovation dans les territoires

Ce qu’internet fait aux industries trop complaisantes…

La mode est certainement en ce moment aux infographies : de superbes graphiques rendant rapidement lisible sur une page des données complexes. Et comme je viens de découvrir Peralta PAREDES,  un infographiste péruvien, je souhaitais vous faire partager son illustration brillante du changement fondamental qu’a subi l’industrie de la musique en quelques années. Vous noterez en parcourant son travail, quelques informations assez spectaculaires :

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Quel business model pour la presse ?

Je fais suite au précédent article sur les médias pour parler plus précisément de la presse écrite. Pour gagner du temps dans l’introduction de cet article, je dois concéder que je n’ai identifié aucun business model efficace mis en oeuvre dans la presse en 2010. Et que ce soit dans sa version papier, ou sa version électronique. Trois sources de monétisation existent pour la presse :

  1. La principale est la publicité. Le journal est plus ou moins gratuit, les coûts sont absorbés par les sponsors qui souhaitent toucher le lecteur pour véhiculer leur message.
  2. Les abonnements, ou les achats directs. Il s’agit là d’une participation plus qu’un d’un achat, puisque la publicité est le principal contributeur.
  3. Et le sponsoring public, parapublic ou privé. Les aides et subventions, comme pour beaucoup d’activités culturelles, sont indispensables pour soutenir une activité qui n’est pas pour l’essentiel consumériste.

Hors de ces trois logiques, aujourd’hui point de salut. Si la presse papier perd son lectorat de façon accélérée, c’est de façon évidente pour les mêmes raisons que les CD n’ont plus pu être vendus à 18 € à l’ère de la dématérialisation des contenus. Le choc technologique est trop rude. Maintenir une logique économique dans un système où le contenu est physiquement inaccessible est illusoire quand de nombreux autres systèmes ont rendu ce contenu omniprésent à un coût nul. Légalité ou qualité ne sont plus une barrière : dans un monde où tout le monde est passe-muraille, le business model de la bijouterie est obsolète. Si nous devons donc accepter la disparition de la presse papier à grande échelle (de nombreux magazines thématiques continent d’attirer un fort lectorat), que peut-il se passer sur internet en contre-partie et qui soit source de revenus ? Pour répondre à cette question, revenons à nos trois paradigmes de monétisation :

La publicité

Indiscutablement la logique inhérente au placement d’annonce est fortement maintenue sur internet. C’est l’une des sources de revenus électroniques les plus abondantes et les plus robustes. L’explosion de la blogosphère (tout le monde est un auteur) et celle plus récente des médias sociaux (tout le monde est une célébrité sociale), montre que toucher une audience large est devenu techniquement trivial. Mais quel le faire effectivement reste complexe, ne serait-ce que pour une raison de bruit de fond dans cette double explosion. Un opérateur avec une grande audience se finance donc facilement avec du revenu publicitaire sous forme de bannières, de liens spécifiques, d’articles sponsorisés… Voire par la revente de son fichier d’adresses électroniques. Néanmoins, cette logique se révèle peu efficace pour la presse sur internet. Cela peut paraître surprenant puisque des entités comme Google génèrent des revenus colossaux sur cette simple base. Est-ce que cela ne suffit pas à financer grassement Lemonde.fr ? S’il faut bien constater que non, c’est justement à cause des moteurs de recherche et des médias sociaux. Il est éminemment plus facile de toucher une large audience avec une bannière de publicité placée sur YouTube, Facebook, ou Google, que sur un journal de presse écrite en ligne. Même le NYTimes.com avec 17 millions de lecteurs uniques par mois, ne parvient pas à financer ses structures et ses équipes de cette façon. Dans la mesure où il n’y a plus de friction technique à la mise en ligne de contenu (plus besoin de presses, de systèmes de composition complexes, d’ouvriers spécialisés, de négociation avec des syndicats puissants, de systèmes complexes de distribution physiques)… Tout le monde est un compétiteur potentiel. Et les “pure players” du web à ce jeu sont les mieux équipés.

Les achats directs

Le NYTimes.com a annoncé et mis en oeuvre un passage progressif à une lecture payante de ces articles. Des magazines cherchent à se vendre par téléchargement au travers d’Amazon, d’iTunesou d’autres plateformes. En théorie, on monétise de la sorte la qualité du contenu : une information pointue, fouillée, ou sur des sujets nécessitant l’intervention de spécialistes a une valeur ajoutée certaine, qui permet un échange payant. En théorie… Mais en pratique, les sujets techniques les plus obscurs sont aujourd’hui couverts par des centaines de bénévoles dans des blogs solitaires ou participatifs. Même pour l’information généraliste, des structures légères et semi-professionnelles comme Rue89.com, ont acquis autant de légitimité que les médias classiques. En 2010 dans le domaine du sport, de la technologie, de la mode (piliers de la presse traditionnelle) l’information est gratuite, précise et ultrafraîche en ligne. Sauf à ce que par une prise de conscience fulgurante toute la planète refuse de produire le moindre contenu gratuit et intéressant sur ces sujets par internet, comment remonétiser tout cela ? La réalité est donc que la presse doit se remettre en cause non pas dans son utilisation d’un média plus ou moins obsolète, mais dans la qualité pure et simple de son contenu. Celui-ci est dans le meilleur des cas à peine meilleurs que du contenu gratuit. Imaginez ou l’industrie de la musique et ses cartons de CD, n’aurait pas à se battre contre la diffusion gratuite et illégale de ses artistes, mais aurait à se battre contre de meilleurs artistes indépendants diffusant gratuitement et légalement leurs morceaux ? C’est la situation de la presse aujourd’hui. Il reste que des magazines de photos ou d’art sur des papiers de qualité continueront de trouver un micro-public. Mais sur internet ? Probablement pas.

Le sponsoring

C’est l’option que je qualifie de métallurgique. Nous pouvons en effet garder en respiration artificielle des entités en mort clinique avérée. Et ce, pendant quelques années, ou dizaines d’années. L’alternative qui existe par contre depuis 2-3 ans est celle du “crowd-funding”. Un groupe d’individus cofinancent un projet de façon spontanée. Depuis qu’Obama a levé deux fois plus de fonds pour sa campagne que son concurrent par ce système, nous pouvons admettre que ce n’est plus une stratégie de financement à la marge pour quelques geeks. Mais est-ce que du crowd-funding peut sauver notre presse actuelle ? A mon sens toujours pas. Nous retombons finalement sur le problème de l’achat direct : quel groupe social sur internet préférera financer un organe de presse obsolescent, plutôt qu’un “pure player” ?

Une voie de sortie ?

Aucune à mon sens en l’état actuel en-tout-cas. Et les efforts prolongés, mais improductifs des spécialistes du domaine, me donnent malheureusement raison. En revanche la technosphère est très agitée en ce moment puisque dans quelques heures tout le monde suppose qu’Apple va présenter une tablette électronique qui servira de support à une nouvelle plate-forme iTunes, capable de gérer (et de monétiser) de nouveaux contenus. Or après la musique et la vidéo, la presse et les livres semblent être dans le collimateur de la firme de Cupertino. Attendons encore quelques heures pour voir ce dont il s’agit, et quelques mois pour comprendre si une lumière est au bout du tunnel. Mais il est raisonnable d’y croire. Une tablette transpirant le design et la qualité des derniers produits d’Apple, peut être une raison de vouloir payer une somme modeste (mais réelle) pour du contenu qui deviendrait intégré et partageable d’une façon inédite. Quelque chose de très éloigné des essais maladroits, qui sont en préparation et qui ne sortent jamais, comme celui-ci :


Orange Read & Go par edupin.

Est-ce qu’une nouvelle incarnation du concept de l’iPod va régénérer la presse ? Si c’est le cas, cela se fera en priorité au profit d’Apple

Pour prolonger la discussion…

Voici d’autres points de vue :

Tout d’abord vous pouvez suivre ce lien pour une interview de Bertrand Gié (Directeur délégué des Nouveaux Médias du Figaro), Laurent Mauriac (Directeur général de Rue89), Jean-Luc Marty (Rédacteur en chef de Géo Magazine) et Nicolas Boutet (Président de Wedia). Beaucoup d’opinions que je ne partage pas vous le comprendrez vite, mais une bonne prise de température pour comprendre la façon de penser des acteurs actuels.

Ensuite une analyse sur la sortie de la tablette Apple hier soir, par Jacques Attali. Probablement la seule analyse actuelle qui prend de la hauteur et qui ne parle pas des spécifications techniques de l’objet. Ce n’est pas le produit qui est intéressant, mais l’écosystème qu’il crée… Il va falloir finir par le comprendre ! Je ne résiste pas au plaisir de citer un passage :

Le dernier venu, l’iPad,  est un hypermédia. Il ne constitue pas une révolution technologique. Avec Steve Jobs (comme avec son inspirateur, Thomas Edison), l’innovation n’est jamais dans un progrès technique spécifique, mais dans la combinaison d’innombrables innovations venues d’ailleurs, en un système capable de faciliter la vie des gens. De fait, l’iPad est d’abord un ebook (livre électronique); il permet d’avoir enfin accès de facon conviviale à la lecture mobile de journaux et de livres, à la visualisation de photos et de films. Il correspond à une nécessité majeure du temps et va bousculer plus que jamais l’économie de l’écrit et de l’image. Il renvoie au désir de lire plusieurs livres en même temps, de feuilleter plusieurs journaux; à l’impatience devant l’information; au désir de simultanéité; au besoin de «et», à la place de «ou»; au cloud computing.

Notre site est maintenant optimisé pour iPhone

Grâce à un très efficace plugin wordpress, notre site est maintenant parfaitement optimisé pour iPhone, Blackberry et autres téléphones permettant de naviguer sur internet. Merkapt.com détecte automatiquement le navigateur que vous utilisez et vous montrera une pagination et une interface spécifique.

Si vous préférez continuer de naviguer avec le site tel qu’il apparait sur votre ordinateur, c’est aussi prévu. Il suffira sur votre téléphone,  de régler Mobile Theme sur OFF en bas de la page d’accueil.

En espérant que vous apprécierez !

iphone

Notes, slides et photos de LIFT 2009 au Pharo

Pour ceux qui n’ont pas pu participer à la journée de conférence aujourd’hui, voici mes notes. Je ne pense pas qu’elles soient très lisibles, mais elles pourront vous amuser…

Je reviendrai probablement dans de prochaines billets sur quelques points clefs de ces conférences, sur l’internet des objets et les pistes ouvertes pour l’innovation de business model. Voici aussi la présentation de Alexandra Deschamps-Sosino (Tinker It!) que j’ai particulièrement appréciée, dans la mesure où elle a illustré de façon claire un exemple de nouveau modèle économique lié à l’invention open source, à sa propagation et à son appropriation.

En revanche lors de cette première journée, nous sommes restés ancrés dans la R&D et la créativité technique d’une façon ou d’une autre. Comme trop souvent l’innovation n’est conceptualisée que comme une invention et parfois l’usage de cette invention. Le thème de l’internet des objets était au coeur de la plupart des présentations. Je me doute que la plupart d’entre vous qui ne sont pas extrêmement technophiles n’ont aucune idée de ce que peut être un internet des objets.

A vrai dire j’ai eu l’impression durant LIFT que personne ne parlait non plus de la même chose…

Le point commun semblant être de vouloir croire à l’apparition plus ou moins spontanée d’un réseau d’objets divers (cartes de bus, capteurs dans les villes, téléphones mobiles, électroménager, que sais-je) reliés à internet et échangeant des informations spontanément, dans un flux se nourrissant de son hétérogénéité. Mon ton quelque peu sceptique ne concerne pas l’intérêt qu’un tel réseau physique pourrait avoir, ni même sa faisabilité. Mais il m’a semblé que nous étions dans une démarche technophile classique : de nouvelles technologies sont là (capteurs miniaturisés de faibles coûts, étiquette RFID cherchant toujours des débouchés industriels, standard bluetooth sous-utilisé, …) sans qu’aucun usage évident n’exige leur utilisation. Dès lors tout le monde semble chercher à remplir ce vide d’usage en cherchant à créer des besoins.

On peut considérer que c’est là une démarche de prospective normale, mais elle semble extrêmement vaine et futile dès lors qu’elle n’a pour vocation que de pousser à consommer un nouveau cycle technologique que finalement personne ne demande, ni n’attends. En parallèle je n’ai vu absolument aucune recherche sur des sujets pourtant critiques et d’actualités, comme la gestion de dossiers médicaux ou le triage de patients en structure de soins et leur suivi en hospitalisation à domicile ! Il me semble pourtant que dans cet exemple précis (et l’on doit pouvoir en trouver de nombreux autres) un internet des objets permettrait des changements d’usage et de vie radicaux.

La deuxième journée axée sur le développement durable a été finalement moins fade et “bien pensante” que ce que l’on aurait pu attendre pour ce type de sujet. Avec en particulier un très provocateur Gunter Pauli, démontrant que beaucoup de principes techniques acquis pouvaient être balayés en très peu de temps et annihiler des secteurs industriels entiers. Un exemple frappant concernait l’utilisation de films fins conducteurs et de capteurs d’énergie cinétique ou thermique à la place de piles, pour les batteries de téléphones portables. L’intérêt étant de faire entrevoir la fragilité de business models majeurs : que se passe-t’il le jour où nous n’avons plus besoin de recharger de piles ? Combien d’industries s’écroulent en cascade une fois ce simple paradigme tombé ?

Et pour finir voici quelques photos prisent par Ivo Näpfiln de ces quelques jours :