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La Chine et l’innovation de prix 4/4

Après les précédents articles sur la Chine et l’innovation de prix et la notion de “just good enough”, voici en conclusion de cette petite série quelques réflexions sur l’économie grise de la copie. Je pense en effet qu’elle donne des pistes solides pour développer de nouvelles stratégies de business (parfaitement légales) dans des secteurs assez sinistrés comme l’industrie du disque et des médias.

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Formation à la stratégie pour la reprise d’entreprise

Le dernier cycle de formation en partenariat avec l’IRCE avant le mois d’août concernait la reprise d’entreprise. J’ai pour une fois réalisé la clôture le vendredi 10 juillet, en revenant sur quelques points essentiels pour asseoir une vision stratégique efficace autour du projet personnel du repreneur et de sa conjugaison avec le potentiel de l’entreprise reprise.

Nous avons entre autre discuté de la pertinence des paramètres d’Hofstede pour caractériser rapidement la culture d’une entreprise et mesurer son adéquation avec la vision du repreneur.

Un autre point important pour les repreneurs m’a semblé être le fait qu’il n’est aujourd’hui guère possible de chercher l’entreprise de ses rêves. Les cédants en cette période de déprime économique ne sont guère pressés de vendre avec des valorisations qui ont baissé de 30 à 50% depuis 2008. Du coup le repreneur doit mieux concentrer son diagnostic et le faire plus porter sur le potentiel de l’entreprise qu’il examine, que sur son existant. Un exercice somme toute difficile.

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Stratégies et opportunités en temps de crise 5/5

Nous avons eu l’occasion dans les autres articles de cette série, et en particulier dans le dernier, d’aborder plusieurs approches de la “crise” pour les TPE et PME. Ce matin à l’issue de la grande messe de Google des 27-28 mai à San Francisco, je découvre comme le reste du monde leur nouveau projet : wave.

Wave est un outil collaboratif en ligne, réinventant l’email.

Le point de départ de Google a été de se mettre dans la position de réinventer quelque chose que nous utilisons tous aujourd’hui : l’email. Mais non pas comme si nous étions début 90, mais bien en 2009, c’est-à-dire avec des besoins et des réflexes plus complexes. Comme la nécessité de pouvoir manipuler des images, plusieurs interlocuteurs dans une conversation, avoir des échanges en temps réel, modifier des documents, partager du multimédia, poster de façon croiser sur des blogs, à partir de téléphones, etc. L’équipe de Google présente donc maintenant leur réduction de ces besoins complexes en un produit simple, ouvert et intuitif. Comme toute innovation un tant soit peu radicale, il est difficile de vous expliquer ce dont il s’agit et il vaut mieux le voir fonctionner en vidéo pour être convaincu de l’évidence de leur démarche.

Mais nous parlons de stratégie en temps de crise, quel rapport avec le dernier coup de génie de Google me direz-vous ? Et bien cela me renvoie à deux idées que je souhaite vous soumettre :

  1. Une crise est le bon moment pour revoir les fondamentaux du marché et de repartir à zéro.
  2. Pour ce faire et en situation d’innovation radicale, breveter et défendre sa propriété intellectuelle peut s’avérer contre-productif.

Je vais tout d’abord développer le premier point qui est certainement le plus évident. Et nous parlerons dans un prochain billet du deuxième point si vous le voulez bien.

Le fait qu’une crise globale soit propice à changer les status quo en affaiblissant les leaders du marché a déjà été bien discuté, et je pense que s’il y a quelques mois cela était un message un peu perturbant, tout le monde est bien d’accord avec cela. Reste à savoir comment changer ce fameux status quo ! S’il y a plusieurs façons d’envisager le changement, la plus radicale est de reposer les besoins du marché tels qu’ils sont aujourd’hui, d’évacuer toutes les limitations préconcues que l’on a acquises avec les années, d’oublier toutes les solutions qui ont été apportées, et de reconstruire à zéro.

Trop ambitieux, coûteux en développement, impossible d’imposer de nouveaux standards, trop long ? Certainement. Tout le monde n’est pas Google avec la capacité de faire travailler des équipes entières de sur-doués pendant plusieurs trimestres à fonds perdus. Mais…

Le fait est que les entreprises un peu visionnaires ont devant elles encore quelques mois (je table sur 6 mois, ce qui est très court) avant que le marché en Europe ne commence à se remettre de ses émotions, et à ce que les anciens leaders endormis ne se remettent à devenir agressifs. La fenêtre d’opportunité étroite nécessite tout de même de prendre quelques risques. Par ailleurs, la plupart des entreprises en création bénéficient en France de suffisamment de sponsoring pour ne pas avoir à être profitables pendant 12 à 18 mois. Sans en faire un modèle de fonctionnement, il faut être conscient de la chance que nous avons (en particulier en France) de pouvoir nous reposer sur de nombreux clusters, pôles de compétitivités, projets européens et autres, pour créer de novo de nouveaux paradigmes.

Prenons l’exemple usé jusqu’à la corde de l’automobile.

Crise ou pas crise, tout ce secteur industriel est figé dans les années 70 : choix techniques de propulsion obsolètes, ventes dans des réseaux de concessions limitant la mise en concurrence, compréhension réduite des besoins du marché, coûts de structure élevés, etc. Ceux qui s’étonnent de la chute des géants dans le secteur n’avaient pas pris leur poul depuis longtemps… A leur place que feriez-vous en 2009 si vous deviez réinventer la voiture et son usage pour les particuliers ? Quelles solutions techniques choisiriez-vous ? Quel mode de consommation vous semblerait le plus évident ?  Quel choix de distribution feriez-vous ? Quels seraient les partenaires stratégiques choisis ?

Je ne sais pas si ces questions une fois posées clairement pourraient avoir des réponses évidentes, mais je peux me lancer en ce qui me concerne :

  1. Ne pas avoir à financer la possession de deux véhicules (je suis en couple) mais simplement notre utilisation ;
  2. Utiliser un véhicule quand j’en ai besoin sans m’encombrer de contraintes ;
  3. Avoir le bon type de véhicule au bon moment (petite citadine en ville, berline pour les déplacements longs, utilitaire ou coupée en week-end) ;
  4. Ne pas être figé avec un constructeur ou un réseau.

Sans chercher à construire le véhicule parfait, nous nous rendons compte que l’usage lui-même est réinventable. Et pourtant je ne suis qu’en train de décrire de la location modulaire. Rien de bien compliqué en terme de business model non ? Un forfait annuel probablement pour couvrir des services de base, un système de réservation en ligne auprès de centres répartis sur tout le territoire, un choix libre dans un parc étendu, une hotline et une facturation mensuelle en fonction du type de véhicule et de mon kilométrage.. Rien n’empêche aujourd’hui les services de leasing aux entreprises de s’ajuster à ces pratiques et de les ouvrir ensuite au grand public.

Passé ces évidences quels sont les freins ? Ils peuvent être nombreux, à commencer par la volonté que les constructeurs auraient de tuer dans l’oeuf ce type de projets. Mais en temps de crise, nous devons revenir sur le fait que ce type de révolution est possible, et très certainement souhaitable !

Qu’en est-il pour votre industrie ou votre marché ? Une telle approche radicale vous semble-t-elle envisageable ? Quels seraient vos fondamentaux de départ ?

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Stratégies et opportunités en temps de crise 4/5

Pour prolonger le dernier article sur les stratégies pour les entreprises en temps de crise, je voudrais vous présenter quelques idées liées aux stratégies de micro-paiement. Nous avions déjà évoqué les micro-paiements en janvier dernier, dans le cadre des micro-crédits permettant de financer des entrepreneurs vivant dans des pays dont le niveau de vie est très faible.

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Stratégies et opportunités en temps de crise 3/5

La semaine dernière nous avons discuté de la perspective propre aux marchés vieillissants.

Les marchés naissants se caractérisent eux par un paradoxe simple : a priori générateurs de marges intéressantes, personne ne sait réellement quand ils vont être en croissance, ni à quel rythme. De sorte que le coup d’investissement nécessaire pour s’y lancer peut n’apporter aucun retour financier et devenir létal pour une activité.

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Stratégies et opportunités en temps de crise 2/5

En temps de crise, le premier événement marquant sur un marché est le retrait des leaders. En effet, une crise est par définition le bouleversement rapide d’un équilibre. En terme de stratégie d’entreprise, les structures ayant le plus de coûts fixes, de personnel, et de surface financière sont les moins agiles.

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Google provoque une nouvelle rupture technologique

La stratégie de pénétration des médias de Google progresse encore d’un cran dans quelques semaines. Après avoir racheté Grand Central en 2007, une société spécialisée dans la convergence des services de téléphonie mobile et fixe, et après avoir laissé penser que celle-ci était abandonnée : coup de théâtre ! Le géant de la recherche en ligne vient d’annoncer qu’ils vont bientôt ouvrir aux USA, puis au reste du monde Google Voice une nouvelle offre de service basée sur le modèle de Grand Central. Il s’agit d’intégrer tous vos téléphones (fixe, mobile, professionnel, maison secondaire, …) sous un seul numéro qui va centraliser tous les appels, et vous les retransmettre selon vos besoins.

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La Poste fait avancer son offre dématérialisée

Nous avons beau parler souvent d’innovation de business model, certains secteurs semblent avoir des rayons de virage extrêmement longs. Pour preuve la dernière offre de La Poste qui permet enfin d’acheter et d’imprimer des timbres en ligne. J’avoue qu’il est difficile de comprendre la raison d’un tel délai qui est la conséquence logique de la banalisation de deux technologies : les code-barres, et les sites de boutiques en ligne. Les USA qui ne sont pourtant pas si souvent à la pointe du progrès dans ce domaine, offrent une telle solution depuis 1999 avec stamps.com. Il semble que la promesse pour certains, et la menace pour d’autres, d’une ouverture plus grande du secteur postal en France ait quelques effets bénéfiques.

Il est certain en tout cas que dans le cadre d’un secteur purement concurrentiel (dont la période actulle ne cesse de nous souligner les limites), il n’est pas possible de négliger pendant dix ans l’émergence d’une telle solution aussi évidente, et soutenue par deux technologies banalisées depuis longtemps.

Toujours dans la même logique de mise-à-jour, La Poste propose aussi depuis 2008 un service IDtimbre permettant aux entreprises de créer des timbres avec leur logo, ou une image promotionnelle. Cette innovation certes modeste, pourra se révéler intéressante à plus d’un titre pour renforcer les campagnes promotionnelles et l’image de marque des primo-adoptants.

Et pour finir notre tour d’horizon de l’offre dématérialisée de La Poste, un point d’interrogation sur le service de la lettre recommandée électronique : une très bonne idée, mais dont la valeur légale n’est pas si claire pour moi. En effet si la preuve de dépôt d’une telle lettre est indubitablement efficace, l’identité électronique de l’expédiant ne semble pas suffisamment démontrable pour constituer une preuve solide… Un service à suivre de près dans tous les cas, et peut être à renforcer avec des plate-formes comme OpenId, ou jedepose.com lancé il y a peu par l’ordre des notaires.

Dans tous les cas et peut être aussi malgré un contexte difficile, la Poste bouge activement sur le terrain de la dématérialisation. Cela devrait questionner la plupart des entreprises (TPEs et PMEs comprises) qui sont encore à la traîne sur cet axe de promotion et de communication avec leur marché.

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Gestion de stock robotisée

Je suis depuis de nombreuses années et avec attention les innovations concernant la logistique, et en particulier la gestion des stocks et les préparations de commande. C’est une étape clef dans l’organisation opérationnelle du développement de nombreuses PMEs. Et mis à part quelques magasins automatisés permettant à des palettes d’être directement amenées à des préparateurs, ou des chaînes de préparation sur tapis roulant faisant circuler des préparations d’un îlot de stock à un autre, peu de solutions nouvelles et efficaces sont apparues depuis dix ou quinze ans dans ce domaine.

Or Kiva Systems propose maintenant une solution complète de “mobile fulfillment”, qui me parait répondre à de nombreuses attentes d’une gestion logistique moderne. La solution en question consiste en une flottille de robots, qui vont en fonction des besoins de préparation, chercher les étagères de rangement, les amener à un préparateur en poste fixe, et lui indiquer avec un pointage laser dans quelle case trouver le produit à préparer. De nombreux groupes fortement impliquées dans la distribution grand public, comme Gap, Staples ou Zappos, ont déjà validé avec succès ce système.

Cette flotte de robots conjugue plusieurs avantages :

  1. Pas de déplacement de personnel
  2. Un rangement ABC par vitesse de rotation recalculé en temps réel
  3. Un rangement compact des stocks
  4. Une assistance à la préparation continue
  5. La possibilité de préparer en parallèle plusieurs commandes

Une vidéo sur le site du constructeur illustre de façon assez spectaculaire le fonctionnement d’un magasin type.

Il est possible de penser que cette technologie provoque une rupture dans l’organisation de nombreux business B2C, surtout dans des périodes où le commerce par internet rencontre de plus en plus largement son public. La gestion complexe d’un entrepôt multi-références avec des préparations à l’échelle de la boîte et du carton, semble devenir moins compliquée et plus rationnelle. Une percée technologique à surveiller !

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Bruce Quande, un innovateur oublié

Dans la catégorie des innovateurs qui ont manqué leur rendez-vous avec l’histoire, Bruce Quande tout comme Kane Kramer, a une place à part. En 1963 Bruce est étudiant dans le Montana et participe à des compétitions d’athlétisme en saut en hauteur. Il est pris en photographie dans une position inhabituelle : laissant de côté les techniques de rouleau ventral, costal, ou même de ciseau, il saute en enroulant la barre de dos. Une canadienne Debbie Brill en 1966 essaiera elle-même ce type de saut en rupture avec les pratiques de l’époque. Mais c’est finalement Dick Fosbury en 1968 aux jeux olympiques de Mexico, qui prendra le risque de cette rupture technique et qui parviendra à remporter une médaille d’or avec un saut à 2,24 m. Depuis les années 80 plus aucun athlète ne s’est risqué à utiliser une autre technique que le “Fosbury flop”.

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Kane Kramer inventeur oublié de l’iPod

Un nom supplémentaire à ajouter à la liste des entrepreneurs trop en avance sur leur marché et qui de surcroît, n’ont pas su suffisamment investir dans la protection intellectuelle de leur projet.

Kane dans les années 80 conçoit le projet IXI : un appareil compact capable de stocker quelques minutes de musique numérique, mais aussi de se relier via un réseau de disquaires (oui, il y avait encore des disquaires à l’époque) à un central téléphonique permettant de charger les morceaux choisis. Tout cela consolidé avec des statistiques de ventes instantanées pour les disquaires en question, qui auraient pu suivre la progression des meilleurs hits.

Cela vous rappelle quelque chose… ?

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Le marché du jeu vidéo pour les PMEs

Le jeu vidéo s’est répandu dans toutes les couches de la société depuis les années 90 et a investi depuis les années 2000 de nouveaux médias supports (mobiles, internet large bande). Depuis maintenant assez longtemps le gros de la production vidéo-ludique est une industrie, donnant naissance à des produits phares dont la réalisation implique plus ou moins les mêmes moyens et la même organisation qu’un long-métrage grand public.