Une baisse des immatriculations ?

L’un des débats récurrent lors de réunions de travail avec mes clients, tourne souvent autour de la qualité et de la fiabilité de l’information utilisée, pour prendre des décisions. La plupart des meilleurs entrepreneurs vous diront qu’il vaut souvent mieux commencer à développer son business et ensuite l’ajuster (“start and iterate”), plutôt que d’attendre une somme d’information suffisante pour agir. (…)

L’un des débats récurrent lors de réunions de travail avec mes clients, tourne souvent autour de la qualité et de la fiabilité de l’information utilisée, pour prendre des décisions. La plupart des meilleurs entrepreneurs vous diront qu’il vaut souvent mieux commencer à développer son business et ensuite l’ajuster (“start and iterate”), plutôt que d’attendre une somme d’information suffisante pour agir.

Certes. Mais il va toujours survenir un moment où l’obtention d’une information quantitativement et qualitativement efficace est indispensable. Ne serait-ce que pour savoir si l’on est parti dans la bonne direction, si les profits sont au rendez-vous, si le futur est prometteur ou dangereux.

Ce qui m’amène à un entre-filet de Libération ce matin :

“Les greffes des tribunaux de commerce ont enregistré 186.283 immatriculations de nouvelles entreprises au premier semestre 2008. Un chiffre en baisse de 1,22% par rapport à la même période l’an dernier. D’après les greffes des 185 tribunaux de commerce en France, le printemps a été beaucoup plus favorable que l’hiver à la création d’entreprise, avec de fortes disparités selon les grandes villes françaises concernées. Orléans affiche la plus forte progression sur les six premiers mois de l’année avec 1.263 créations d’entreprise, soit plus de 16,94% par rapport au premier semestre 2007. A l’inverse, Nice, Lille et Nanterre enregistrent les plus fortes baisses, autour de 12%.”

Si vous avez lu cet extrait en entier : félicitations, j’en ai été pour ma part incapable. Son seul intérêt a été de me faire m’interroger sur l’intention de l’auteur. A quoi, à qui, peut servir cette mini-avalanche d’informations ? Probablement à rien ni personne, puisqu’il n’y a aucune information utilisable dans ce texte (lire aucune information qui n’est de signification statistiquement utilisable). Il s’agit simplement de l’écume, de bulles de surface, du bruit de fonds d’un contexte général qui n’est ni expliqué, ni compréhensible au travers de cette collection d’anecdotes.

Nassim Nicholas Taleb mathématicien et trader à Wall Street s’amuse beaucoup de cette dérive perpétuelle de l’information, et en livre des critiques très grinçantes dans “Le Hasard sauvage : Des marchés boursiers à notre vie : le rôle caché de la chance”, dont je vous recommande chaudement la lecture. Taleb y décrit au travers d’anecdotes (et de très peu de mathématiques) à quel point nous sommes avides d’informations, nous adorons suivre les moindres variations de toute chose, et comment nous savons nous noyer dans la lecture de détails dépourvus de toute substance.

Author: Philippe

After obtaining a PhD in biotechnologies, and working in a medical diagnostic startup, Philippe Méda has managed teams and companies in the medical and pharmaceutical industries for over fifteen years. Following an MBA in 2007 Philippe founded Merkapt, a consulting agency in charge of co-piloting innovation for startups and large multinationals, in Europe, and Asia. Since then he has been training 200 to 300 startups a year, consulted for dozens of multinationals on rupture innovation or corporate incubation, and was directly involved in more than 150 startups building their market fit and scaling up their business. Philippe also teaches innovation and business model design in key MBA programs in Paris and Shanghai and is now living in Amsterdam.