Sous-traiter votre communication ?

Je profite de quelques minutes cet après-midi pour revenir sur une scène qui m’a assez fasciné lors de mon dernier passage à Marrakech. Tôt le matin nous étions installés pour siroter un café alors que les vendeurs locaux installaient leurs étals sur une petite place. Le gros des touristes n’arrivait que dans une heure ou deux et les vendeurs étaient essentiellement affairés à la bonne disposition de leur marchandise, rivalisant d’ingéniosité pour agencer leurs produits et babioles de la façon la plus avenante possible. Ce qui était frappant c’était de voir le temps passé à disposer tous ces produits, à les déplacer, à revenir dessus et les agencer d’une autre façon encore. Ce petit manège a duré une bonne heure sur toute la place…

Bon, je me doute que vous ne lisez pas ce blog pour avoir mon point de vue sur le tourisme méditerranéen. Pourquoi je vous parle de cette scène ? C’est parce que j’y ai vu une illustration saisissante de la façon dont la plupart des T/PME s’occupent de leur marketing : quand elles décident de s’en occuper, les produits sont là, elles y passent beaucoup de temps en tournant et en virant, sans avoir la forme de communication que le marché demande ou non.

Et les vendeurs d’artisanats de cette place étaient dans la même démarche : l’essentiel de leur marketing était déjà derrière eux. Les produits étaient là, ils étaient au bon endroit et au bon moment. Certes, disposer les produits de façon avenante sur l’étal n’était pas inutile, mais essentiellement il était facile de comprendre que mes pairs Français, Allemands ou autres, allaient juste passer en vitesse, éviter pour la plupart de négocier avec les Marrekechis et acheter une babiole pas trop kitch et vaguement couleur locale.

En entreprise on se retrouve donc souvent avec une approche du marketing semblable : si l’on a pas saisi que le marketing est un élément fondateur de la stratégie qui permet de réfléchir le design du produit, on se retrouve à simplement tripoter les photos de son catalogue ou de son site internet. On espère alors que le prospect sera sensible au choix des titres, au fonds choisi pour mettre en valeur les produits, ou à la photo. Et là aussi on va investir un temps disproportionné à des microréglages sur de vagues éléments de communication promotionnelle. Et tout comme ces vendeurs, on va voir généralement arriver 5 ou 6 personnes avec des avis arrêtés et contradictoires, sur les choix esthétiques qui vont définir un bon «marketing».

Je ne dis pas que c’est inutile : le design et la qualité d’un site web, ou d’un catalogue communiquent énormément de choses sur votre entreprise. C’est une réalité. Mais ce n’est qu’une toute petite partie de l’histoire. Si votre stratégie marketing est claire, vous pouvez arrêter de vous occuper de votre communication (le marketing promotionnel) et la sous-traiter à un fournisseur dont le métier est justement le design et le graphisme. Ça évite une agitation inutile et improductive, pour se concentrer sur son métier et sa valeur ajoutée.

D’ailleurs, n’hésitez pas à faire ce test : si vous êtes incapables de décrire précisément ce que vous attendez de votre site / catalogue quand vous devez le sous-traiter, c’est fatalement que vous n’avez pas de stratégie claire…

Author: Philippe

After obtaining a PhD in biotechnologies, and working in a medical diagnostic startup, Philippe Méda has managed teams and companies in the medical and pharmaceutical industries for over fifteen years. Following an MBA in 2007 Philippe founded Merkapt, a consulting agency in charge of co-piloting innovation for startups and large multinationals, in Europe, and Asia. Since then he has been training 200 to 300 startups a year, consulted for dozens of multinationals on rupture innovation or corporate incubation, and was directly involved in more than 150 startups building their market fit and scaling up their business. Philippe also teaches innovation and business model design in key MBA programs in Paris and Shanghai and is now living in Amsterdam.

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