Réduire un service au maximum, le cas Dropbox

Dropbox est un service de sauvegarde de fichiers en ligne. Cet utilitaire fait une seule chose et la fait très bien : avoir un dossier toujours synchronisé, quel que soit l’ordinateur ou le smartphone que l’on utilise. Une sorte de clef USB que l’on a jamais besoin de transporter, que l’on ne peut pas perdre et qui fait toute seule le travail vite et bien. C’est pour moi un outil indispensable pour les travailleurs mobiles, les petites équipes… Ou l’ordinateur de vos parents !

Cette entreprise, incubée en 2007 au Y Combinator en Californie, a su capturer plus de 10% du marché de la sauvegarde de données en ligne en très peu de temps. Elle est pour moi exemplaire parce que c’est une entreprise qui a défini dès le départ une valeur ajoutée claire et efficace, qui a su s’y tenir et qui continue de la renforcer chaque jour. En adressant un problème simple et en proposant une exécution sans faille, Dropbox a réussi a passer devant la plupart de ses concurrents.

L’un des avantages compétitifs majeur pour moi est qu’il n’y a par exemple pas de différence entre la description de ce que fait Dropbox en théorie et son mode d’emploi : on prend un dossier, on met des choses dedans, tout est synchronisé. C’est tout.

Quelle est la contre-partie de cette approche minimaliste ? De nombreuses fonctionnalités habituelles des outils plus anciens de synchronisation ont été purement et simplement jetées par la fenêtre : pas de versions de sauvegardes, pas de tableau de bord, pas de périodicité réglable (tout est sauvé en temps réel), pas de règles de partage avec des collaborateurs, pas de sauvegarde de plusieurs dossiers éparpillés sur le disque dur (mais tous les dossiers contenus par le dossier de sauvegarde sont pris en compte)…

En terme d’innovation de business model, je décrit cela comme une réduction au maximum : en partant de ce que les concurrents font déjà et qui marche correctement, on enlève toutes les fonctions parasites pour ne garder que le service le plus simple, le plus élégant, le plus efficace. Je vous laisse d’ailleurs comparer le site web de Dropbox :

Et celui de deux de ses concurrents très connus (Syncplicity et Sugarsync) :

Je trouve cela assez parlant.

Cette approche appliquée à la téléphonie mobile conduirait par exemple à ne garder que la possibilité de prendre et recevoir des appels, épaulée par des fonctions transparentes pour l’utilisateur et 100% facilitantes :

  • Une liste de contacts toujours synchronisée avec ses outils bureautiques ;
  • Des appels activés par la voix qui fonctionnent à chaque fois sans erreur ;
  • Un basculement automatique en VOIP dans les zones WiFi ;
  • Un transfert des appels entrants sur votre ligne fixe, si votre téléphone vous géolocalise à votre bureau…

Une opération terriblement compliqué, qui comme avec le jeu de briquettes en bois Jenga, risque à tout moment de faire enlever un élément de trop !

Author: Philippe

Philippe has been training 200-300 startups a year since 2007, consulted for dozens of multinationals on rupture innovation or corporate incubation, and was directly involved in more than 150 startups building their market fit and scaling up their business. He also teaches business model innovation in key MBA programs whether they are in Paris or Shanghai. And since 2017, Philippe is now living in Amsterdam, one of the best European business hub around.