Former les mentors du CEA

Le 15 janvier, je démarre à Saclay une formation pour les mentors du réseau féminin PDF (Promotion de Femmes) du CEA. Il est important pour tout programme de mentorat de réaliser que l’expérience d’un mentor ne suffit pas pour la réussite d’une relation d’accompagnement. D’ailleurs nous sommes en train de publier un article dans une revue scientifique à ce sujet avec mon collègue québéquois Etienne St Jean.

Une formation des mentors efficace se doit d’aborder en particulier deux points clés :

  • Le cadre de la relation de mentorat : comprendre ce qu’est et n’est pas le mentorat, le rôle et les fonctions du mentor, l’éthique de la relation etc. ;
  • Les compétences et les outils du mentor.

Dans cet article, je me concentrerai sur les compétences et les outils de base du mentor en récapitulant les différentes parties de la formation proposée aux mentors du CEA. Tout d’abord, il est important de noter que pour les mentorés, un mentor doit avant tout être crédible, c’est-à-dire qu’il ait de l’expérience dans le domaine / secteur / métier du mentoré, qu’il ait eu des réussites dans celui-ci, et des échecs dont il a tiré des leçons.

Mais la légitimité dans son rôle de mentor n’est pas suffisante, en effet, il est important que le mentor puisse également :

  • Avoir la bonne posture : respecter le mentoré, lui laisser toute son autonomie de décision et être à son écoute ;
  • Aider le mentoré à réfléchir sans le diriger ;
  • Transmettre ses expériences et les leçons de celles-ci, en aidant le mentoré à les adapter à sa propre situation ;
  • Être disponible intellectuellement : garder une attention prioritaire sur les besoins du mentoré.

Les qualités associées à un mentor sont souvent :

Empathie, Confiance, Ecoute, Partage, Crédibilité, Engagement, Fiable, Patient, Ouvert, Disponible, Aime aider les autres, Connaissances techniques, Capacité de comprendre les autres, Compétences interpersonnelles, Capacité d’enseigner, de guider…

En termes d’outils de base, j’ai répertorié trois éléments qui me semblent essentiels :

  1. Le meeting de mentorat : des sujets de discussion définis et accordés à l’avance, l’établissement d’une relation de confiance, une structure de rencontre minimum pour rester efficace, et la définition d’objectifs ou au minimum un échange sur les attentes respectives.
  2. L’écoute active et le quesitonnement : l’approche maïeutique étant la plus efficace en mentorat, il est donc important pour le mentor de maîtriser quelques outils de quesitonnement.
  3. Le feedback : savoir donner du feedback même lorsque l’on est pas dans une posture hiérarchique peut se révéler très utile pour le mentoré, et savoir recevoir du feedback permet de garder une certaine humilité dans son rôle de mentor, de garder la bonne posture et de développer ses compétences d’accompagnement.

Lors de la formation, nous irons bien sûr au-delà des outils de base en abordant la gestion des situations difficiles comme une problèmatique qui sort du cadre du mentorat et entre dans d’autres domaines tels que la psychologie, la médiation, les RH, ou la vie privée. Et nous aborderons également quelques outils d’aprofondissement qui peuvent aider le mentor à aller plus loin dans son accompagnement. Pour finir, il est important que les mentors comprennent que leur développement dans ce rôle doit être continu et les échanges entre mentors sur les bonnes pratiques doivent être réguliers.

Author: Stéphanie

Specialist of Executive Coaching and Entrepreneurial Mentoring, insightful and open-minded, Stéphanie accompanies organisations in their cultural transformation to support innovation and business agility. She is one the few European expert both implementing and doing research on mentoring programmes.

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